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Le projet PRECOL

samedi 30 novembre 2013, par Fañch Postic

Le projet PRECOL

Différents ateliers et réunions tenus à Brest (décembre 2007 et avril 2009) et au Canada (Pointe-de-l’Église, octobre 2008 ; Québec, avril 2010 ; Sudbury, septembre 2010), dans le cadre d’une collaboration déjà ancienne entre la Chaire de recherche du Canada en oralité des francophonies minoritaires d’Amérique (COFRAM) de l’Université Sainte-Anne à Pointe-de-l’Église (Nouvelle-Écosse), la Société québécoise d’ethnologie (SQE) et le Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) de l’Université de Bretagne occidentale (UBO), ont permis de constater combien les religieux se sont, de part et d’autre de l’Atlantique, particulièrement investis et illustrés dans la collecte et l’étude des traditions populaires.
De l’observation d’une telle convergence est née l’idée de mener un projet de recherche commun pour en examiner les raisons et pour savoir si la Bretagne et le Canada francophone présentent ou non de ce point de vue une situation singulière. Les différentes rencontres et échanges ont permis de nourrir une problématique et de bâtir un questionnement sur les raisons qui ont poussé certains religieux à s’investir et à s’illustrer dans de telles recherches ; sur l’influence de leurs origines sociales et de leurs formations (religieuse et autre) ; sur leurs relations avec leur hiérarchie ; sur la nature de leur intérêt et leur attitude vis-à-vis de la culture populaire ; sur les domaines dans lesquels ils se sont investis ; sur leurs méthodes de collecte et la nature de celle-ci ; sur les réseaux au sein desquels ils se sont inscrits ; sur leurs statuts et leur contribution à l’institutionnalisation de l’ethnologie comme discipline scientifique ; sur la valeur ethnographique, linguistique ou sociologique qu’on peut accorder aujourd’hui.
Si l’un des objectifs principaux du projet est, à partir de l’étude comparée du rôle des prêtres collecteurs en Bretagne et dans le Canada français, d’apporter des éléments de réponse à la question plus large des modalités du passage « Du folklore à l’ethnologie », il nécessite également, à l’évidence, la collaboration d’historiens de la société et de la culture, voire du politique, de linguistes et de sociologues afin de bien comprendre le contexte dans lequel s’est effectuée la démarche de ces religieux et leur rapport à la culture populaire, quelle que soit la manière dont ils ont cherché à l’appréhender : la collecte de « traditions » (musique, « littérature orale », usages divers, etc.), la mise en scène cinématographique, la réalisation de photographies ou encore de peintures, etc.
Cette comparaison des situations bretonne et franco-canadienne est de nature à apporter une contribution à la réflexion sur une thématique qui suscite un réel intérêt scientifique tant au plan national qu’international : en témoignent la journée d’étude « Prêtres ethnographes » d’octobre 2008 à Carcassonne organisée par le GARAE (Groupe audois de recherche et d’animation ethnographique) et le LAHIC (Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture) dans le cadre du programme ArchivEthno, le colloque international de Pontivy d’avril 2010 organisé par CRBC en collaboration avec le Service des archives du Morbihan et l’association Dastum et consacré à la vie et à l’œuvre de l’abbé François Cadic et, en juillet 2010, l’atelier « European clerics and vernacular culture » organisé par le SPIN (Study platform on interlocking nationalisms) de l’Université d’Amsterdam.
Plus récemment, dans le cadre d’un programme de recherche soutenu par les instances scientifiques canadiennes (Conseil de Recherche en Sciences humaines du Canada et Forum Canadien de Recherche publique sur le Patrimoine) et bretonnes (Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne), cela a donné lieu à l’organisation de journées internationales d’étude à l’Université Sainte-Anne de Pointe-de-l’Église les 19, 20 et 21 octobre 2011 et à l’Université de Bretagne occidentale à Brest les 17 et 18 novembre 2011 sur L’apport des prêtres et religieux au patrimoine des minorités. Parcours comparés Bretagne/Canada français. Une trentaine de chercheurs de différentes disciplines sont intervenus lors de ces journées dont les actes constituent un volume triple (24-25-26) de la revue interdisciplinaire en études acadiennes, Port-Acadie.
Une base de données
Les différents échanges ont également permis d’établir une première liste de personnalités susceptibles d’entrer dans le cadre de l’étude – liste destinée évidemment à s’enrichir. Ce premier travail, chantier permanent qui consiste à élaborer un inventaire sous la forme d’une base de données, ne pouvait, d’évidence, se concevoir que comme un travail collaboratif, tant il est clair que les informations sont dispersées, sont éventuellement à rechercher et font appel à diverses compétences : ethnologues, historiens, linguistes, conservateurs des archives...
Cela a donc pris la forme d’un site internet sur les "prêtres et religieux (religieuses) collecteurs" - d’où l’acronyme

PRECOL

- qui ont contribué à recueillir et à faire mieux connaître les savoirs populaires tant en Bretagne qu’au Canada français. Pour chacun d’entre eux est proposée une notice qui comporte des éléments biographiques destinés à éclairer leur milieu d’origine, leur formation, leur carrière, le contexte socio-historique dans lequel ils ont oeuvré ; un second volet concerne leur activité de collecte proprement dite ou, du moins, l’apport qui a été le leur dans l’histoire de la collecte : qu’ont-ils recueilli ? Comment ? Quelles fins poursuivaient-ils ? Qu’est-il advenu de ces collectes ? etc. Un dernier volet bibliographique permet de recenser les ouvrages et articles où ont été publiés les résultats de leurs collectes et travaux ainsi que les publications relatives à leurs vie et oeuvre.