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Sudbury 28 août-4 septembre 2010

lundi 5 septembre 2011, par Fañch Postic

Bilan mission à Sudbury, Canada
28 août-4 septembre 2010
par Jean-Pierre Pichette et Fañch Postic
avec la collaboration de Marlène Belly et de Marcel Bénéteau

 
 
Dans le cadre du colloque international « Langue et Territoire/Language and Territory » qui s’est tenu à l’Université Laurentienne de Sudbury, dans l’Ontario (Canada), du 29 août au 3 septembre 2010, ont été proposés :

  • une session « Patrimoine oraux de la francophonie »qui s’est tenue le mardi 31 août de 10h30 à 12h et de 13h30 à 15h (sur l’initiative de Marlène Belly)
  • un atelier « Du folklore à l’ethnologie. Parcours comparés de la Bretagne et du Canada français : les prêtres et les religieux dans leur rapport à la culture populaire », (sur l’initiative de Jean Pierre Pichette) qui s’est déroulé le mardi 31 août de 15h30 à 17H.

Sont intervenus au cours de la session et de l’atelier :

  • Marlène Belly, chargée de cours à l’Université de Poitiers, laboratoire du MIMMOC (Mémoires, Identités, Marginalités dans le monde occidental contemporain), EA 3812.
  • Marcel Bénéteau, Professeur agrégé, Département de folklore et ethnologie de l’Amérique française, Université de Sudbury (Ontario), Canada.
  • Jean-Pierre Pichette, ethnologue et professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada en oralité des francophonies minoritaires d’Amérique (COFRAM) de l’Université Sainte-Anne à Pointe-de-l’Église (Nouvelle-Écosse), Canada.
  • Fañch Postic, ingénieur d’études au CNRS, Centre de recherche Bretonne et Celtique (EA 4451) Université de Bretagne Occidentale (Brest)/Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne (UMS 3122)

1. session "Les patrimoines oraux de la Francophonie : le territoire des marges" de la session (Jean-Pierre Pichette)
« Les mouvements migratoires des Français vers le Canada, les déplacements des populations des Provinces maritimes vers l’État du Maine ou de Louisiane ont été autant d’occasions d’implantation des expressions culturelles de l’Hexagone sur ces différents territoires. Il n’est aujourd’hui plus à démontrer que les traditions orales témoignent, de part et d’autre de l’Océan, de ces divers « grands dérangements ». Cette séance approchera les liens territoires / identités que peuvent traduire les expressions culturelles. Les communications proposées prendront appui sur les faits de langue. Au-delà d’une seule prise en considération des paramètres linguistiques, ils s’intéresseront aux domaines porteurs d’expressions parlées (chansons, contes...), mais également aux autres possibilités de se dire indépendamment de tout acte locutoire. Seront alors précisés les aspects des patrimoines culturels qui ont su défier les lois de l’espace en se dégageant de toute notion de frontières. Pour autant, les spécificités de chaque territoire impulsent également des actes de création : les territoires peuvent alors être générateurs d’abandons, conscients ou non, d’oublis ou de non-transferts de corpus auxquels se substituent des expressions inventées en fonction des nécessités des divers lieux et moments. Ni totalement repris, ni vraiment oubliés des pans entiers affichent aussi des mouvances permanentes : telle une force positive comparable à l’incessant renouvellement d’un organisme vivant, la variabilité qui caractérise l’acte de transmission des patrimoines oraux leur permet des transformations, des adaptations, des réactualisations permanentes en fonction de leur contexte d’énonciation. C’est la multiplicité de ces situations au travers des expressions culturelles présentes dans ces différents territoires que traduiront les propos présentés. »
Résumés des quatre interventions proposées au cours de cette session :
Jean-Pierre Pichette, « La marge, terrain idéal, terrain idéalisé ou le regard de l’Autre »
L’étonnante capacité de rétention du fonds traditionnel français – mise à jour par diverses études et valable dans toutes les grandes régions de l’Amérique française – a mené l’auteur à exposer les dynamiques du « principe du limaçon ». La résistance culturelle des populations, qui ont migré, de gré ou de force, et se retrouvent en marge de leur culture d’origine ou, minoritaires, en marge aussi des cultures d’accueil, répond à des situations variables d’une marge à l’autre, car l’état minoritaire n’est pas partout uniforme. Elle dévoile, par contrecoup, l’érosion du patrimoine culturel au sein même de la majorité, en cette « France oublieuse », tout autant qu’en ces métropoles actuelles, soi-disant « bouillons de culture ». Mais les peuples émigrés n’ont bien évidemment pas conservé toutes les traditions du pays d’origine ; beaucoup s’en faut et, si celles que nous connaissons ont résisté, d’autres, peut-être plus nombreuses, n’ont vraisemblablement pas survécu. En ce sens, on peut dire qu’il y a effectivement eu déperdition, un phénomène naturel, propre à tout organisme vivant. Néanmoins, ce principe éclaire les enjeux de la recherche ethnologique, discerne la part de la marge pour la vitalité des traditions de celle du centre pour leur protection, et il explique en outre la démarche des acteurs en présence – informateurs, enquêteurs et institutions. Il confirme que les premiers ethnologues, appelés folkloristes, ont eu raison de mener l’essentiel de leurs enquêtes en périphérie. Pour eux, toute marge est un terrain d’enquête idéal ; c’est pourquoi, elle est tellement idéalisée.
Fañch Postic, » La « guiannée » ou la « guignolée » chez les Franco-Américains : dernières expressions d’une quête chantée disparue de France. »
Les colons français qui gagnèrent l’Amérique du Nord emportèrent dans leurs bagages un chant de quête lié au changement d’année dont on a fait trop souvent le souvenir d’un ancien « au gui l’an neuf » druidique. En Canada francophone, la « guignolée » est bien connue et fait même l’objet, depuis une petite décennie, d’un renouveau médiatiquement orchestré. La quête chantée était également présente dans plusieurs points des États-Unis où s’étaient autrefois installés des colons d’origine française. Des cortèges de la « guiannée » avaient encore lieu entre les deux guerres mondiales à Sainte-Geneviève, French-Village, Bloomsdale et La-Vieille-Mine (Old-Mines) dans le Missouri, à Cahokia et Prairie-du-Rocher dans l’Illinois, à Vincennes dans l’Indiana. Vers 1980, Sainte-Geneviève, Old-Mines et Cahokia ont cherché, avec plus ou moins de succès, à relancer la pratique. Si elle semble toujours à l’honneur à Cahokia et à Sainte-Geneviève, c’est seulement à Prairie-du-Rocher qu’elle relève d’une pratique ininterrompue : là, les descendants des colons français s’attachent à préserver l’un des symboles identitaires d’un passé francophone qui se transmet de génération en génération. Les quêteurs d’un jour se font un devoir d’apprendre phonétiquement la chanson de la « guiannée »... derniers mainteneurs d’une tradition qui, en France, est désormais réduite au seul état de souvenir.
Marcel Bénéteau : « Territoire, oralité et identité culturelle chez les francophones de la rivière Détroit »
L’ancienne colonie française du Détroit, fondée par Antoine Cadillac en 1701, a toujours été à la périphérie de ce qu’on pourrait nommer l’espace francophone en Ontario. À plus de 800 kilomètres d’Ottawa à l’est et de Sudbury au nord – villes considérées par plusieurs comme étant les deux pôles de cet axe territorial – les francophones de la rive canadienne du Détroit ont toujours maintenu, tant bien que mal, leur propre identité – et ce malgré la proximité du colosse américain de la rive nord. L’histoire, la géographie et l’environnement socio-économique ont profondément marqué la langue et la culture de cette enclave fortement minoritaire. Nous proposons l’examen de certains marqueurs culturels d’ordre linguistique et ethnologique pour mieux définir le lien entre territoire et expression culturelle. Le parler régional de la rivière Détroit serait le plus ancien en Ontario et certains de ses traits lexicaux et phonétiques ne s’expliquent que par l’ancienneté et l’isolement de la communauté, éléments qui sont inséparables de l’identité régionale. Certains éléments de la tradition orale – notamment le répertoire de chansons traditionnelles – ont aussi évolué en conséquence des conditions particulières qui définissent ce territoire unique en Amérique française. La mise en valeur de ces traits culturels contribue à la construction d’une identité régionale mais en même temps pose certains problèmes d’appartenance culturelle au sein d’une collectivité qui définit l’espace franco-ontarien comme entité qui transcende la territorialité en faveur d’un espace symbolique basé sur le partage de valeurs communes. La survivance en milieu minoritaire exige la réconciliation de ces approches divergentes.
Marlène Belly : « Par delà les frontières : se dire en chansons »
Cette présentation propose une approche comparative des répertoires chantés de tradition orale autour de l’axe France/Canada. Le domaine francophone, plus particulièrement la présence d’une mémoire chansonnière sur les territoires du Nouveau Monde, offre à notre discipline de nombreuses perspectives d’investigation. Les sondages du patrimoine ont facilité la mise en évidence de pans entiers du répertoire attestés de part et d’autre de l’océan ; ils ont, par ailleurs, favorisé le constat de particularismes sur chacun des terrains. Les apports de cette dimension synchronique se renforcent également d’une visée diachronique possible par la consignation écrite de nombreuses mélodies dans le cadre de leur usage sous forme de timbres. L’étude du fonds dans ses constantes mais aussi ses spécificités spatiales et temporelles permettra de préciser les contours d’une mémoire collective en particulier au niveau des données identitaires. Au-delà de cette vue d’ensemble, elle s’intéressera aux variantes de quelques chansons-type. Il s’agira alors de montrer comment textes et airs similaires peuvent proposer des contenus sémantiques distincts dès l’instant que l’analyse les situe dans le contexte qui est le leur. La littérature orale chansonnière, à la différence du patrimoine matériel, génère des zones floues, des frontières indécises ou pour le moins poreuses caractéristiques de l’immatérialité du musical et encore bien plus de celles d’un musical dont l’oralité a été l’une des clefs essentielles de la transmission. C’est bien alors en ces territoires de marge que la chanson se présente tel un « médaillon » qui, en l’espace de quelques vers, permet à chacun de se dire.
2. Atelier « Du folklore à l’ethnologie. Parcours comparés de la Bretagne et du Canada français : Les prêtres et les religieux dans leurs rapports à la culture populaire »
Présentation de l’atelier (Jean-Pierre Pichette)
« À des degrés divers et selon des points de vue qui leur sont propres, la Bretagne et le Canada français ont connu des parcours comparables au cours des siècles en raison de leur situation particulière. Ces liens apparaissent dès le XVIIe siècle quand les missionnaires jésuites du Canada s’inspiraient des pratiques d’évangélisation du Breton Michel Le Nobletz. Établis dans les marges des grands centres et, de surcroît, minoritaires, ces communautés ont été soumises à des pressions linguistiques majoritaires – le français pour les Bretons et l’anglais pour les Canadiens français – et ont dû déployer, avec plus ou moins de zèle et de succès, tout l’arsenal des ressources à leur disposition pour organiser la résistance et pouvoir affirmer leur identité collective que ces forces assimilatrices menaçaient dans les domaines essentiels de leur existence : la culture, la politique, la société, l’économie.
Dans le domaine culturel, la valorisation des éléments du fonds commun de ces sociétés – la langue, la religion catholique, les origines, les us et coutumes – a fait d’elles les premiers laboratoires d’étude des traditions populaires de leur pays. La création de l’Académie celtique comme de la Société du parler français au Canada, par exemple, ont favorisé l’éclosion de ce qui deviendra les études en arts et traditions populaires, folklore ou ethnologie.
Il appert que les clercs, prêtres et religieux, tant bretons que canadiens-français, se sont particulièrement investis et illustrés dans ces recherches, comme le montrent deux ateliers, tenus récemment à Brest, que le CRBC, la COFRAM et la SQE ont consacrés au thème des prêtres-collecteurs. Les abbés Cadic et Falc’hun en Bretagne, comme les pères Chiasson et Lemieux au Canada, en sont des figures emblématiques.
Qui étaient ces religieux ? À quelle époque ont-ils œuvré ? À quel moment de leur carrière ? Qu’ont-ils recueilli ? Dans quel but ? Comment ? Qu’est-il advenu de leurs cueillettes ? Quelle place leur reconnaît-on de nos jours dans l’institution de l’ethnologie ? Que révèlent leurs travaux sur leurs rapports à la culture populaire ? »
Fañch Postic a rappelé l’historique de ce programme et les ateliers qui se sont tenus à Brest le 17 décembre 2007 et le 23 avril 2009, la réunion de travail de Québec du 13 avril 2010 Il a également évoqué l’atelier « European clerics and vernacular culture » auquel il a participé les 8 et 9 juillet 2010 à l’Université d’Amsterdam, organisé par la Study Platform on interlocking nationalisms (SPIN) à l’invitation de David Hopkin (Hertford College, Université d’Oxford, Grande-Bretagne) et de Joep Lerssen (Université d’Amsterdam), les deux initiateurs de cette qui a réuni une quinzaine de spécialistes européens.
Fañch Postic a ensuite présenté le site collaboratif PRECOL. Le point de départ en a été la constatation que le premier travail qui devait consister à élaborer une sorte de base de données ne pouvait, d’évidence, se concevoir que comme un chantier permanent et donc collaboratif. Une fois dressée une première liste de personnalités susceptibles d’entrer dans le cadre de l’étude – liste destinée évidemment à s’enrichir -, il est clair que les informations les concernant sont dispersées, sont éventuellement à rechercher et font appel à diverses compétences : ethnologues, historiens, linguistes... conservateur des archives des différents évêchés... Chacun est appelé à contribuer par des informations, des pistes bibliographiques ou archivistiques...L’une des propositions-conclusions de l’atelier de décembre 2007 à Brest avait donc été d’explorer les possibilités ouvertes par l’internet et de rechercher les outils de GED (Gestion électronique de documents) disponibles gratuitement. Cela a conduit à retenir celui proposé par Alfresco qui offre une certaine souplesse, permettant notamment de travailler à partir de fichiers microsoft office et de les insérer directement dans la base. Comme l’outil était en anglais, il a fallu le traduire et l’adapter. Le site PRECOL a pris peu à peu tournure, même s’il reste encore bien des aspects à explorer... et à maîtriser... Cette phase exploratoire a également permis de mesurer les difficultés pour faire fonctionner un outil collaboratif de ce type et de nourrir une réflexion sur son adaptation aux besoins spécifiques des membres du groupe de travail. L’évolution rapide des outils disponibles peut également permettre d’envisager d’autres formes plus simples et plus conviviales.
Jean-Pierre Pichette, après avoir rappelé la genèse intellectuelle du projet, expose le riche questionnement dont il peut faire l’objet :

  • Circonstances particulières des recherches des religieux ?
  • Qui étaient-ils ? Curés, vicaires dans des paroisses ? Prêtres enseignants ? Religieux et religieuses enseignants, hospitaliers ? Quelle était leur formation dans le domaine de la collecte du patrimoine ?
  • À quelle époque ? XIXe, XXe siècle ? Contexte social et politique.
  • À quel moment de leur carrière ? Au début, à mi-parcours, à la retraite ? Était-ce une étape marquante dans leur activité professionnelle ? Un épisode lié à leur formation ? Un accident de parcours ? Un service à la mode, socialement valorisé ?
  • Comment étaient-ils perçus par leur communauté, leur entourage ?
  • Qu’ont-ils recueilli ? Objets de leurs enquêtes (contes, chansons, légendes, autres ?) Ce qu’ils n’ont pas recueilli, ou ce qu’ils ont omis de recueillir, ou ce qu’ils ont caché ?
  • Où ont-ils fait leur cueillette ?
  • Dans quel but ? Affirmation identitaire ? Dessein politique ? Idéologie linguistico-religieuse : « la langue, gardienne de la foi ; et la foi, gardienne de la langue ». Projet touristique ? Intention pédagogique ? Par nostalgie devant la disparition de ces phénomènes ? Travail entrepris par goût personnel ? Libre ? Intérêt scientifique ? Recherche pure ?
  • Comment ? Quelle a été leur méthode de travail ? Enquête directe ? Notes manuscrites, sténographiques, enregistrements. Par correspondance ? Notation après coup de leurs souvenirs ?
  • Qu’ont-ils fait de leurs cueillettes ? Publications ? Enseignement ? Rien ? Dépôt dans des archives ?
  • Quel a été leur rôle dans la poursuite de la collecte ? Ont-ils influencé les enquêtes ? Directement ou par leur exemple ? Aucunement ? Représentent-ils des cas isolés ?
  • Quelle est la place des religieux dans l’institution du folklore/ethnologie comme discipline scientifique ? Pionniers ? Leur reconnaît-on quelque valeur ?

Jean-Pierre Pichette aborde ensuite les développements scientifiques attendus, notamment sous forme d’un double colloque à Pointe de l’Eglise et en Bretagne qui pourrait se tenir à l’automne 2011.
Un débat s’engage ensuite entre les animateurs de l’atelier et la salle qui fait part de tout son intérêt pour le sujet, soulignant notamment l’importance d’examiner le projet britto-franco-canadien à la lumière d’exemples extérieurs et d’intégrer le cas des missionnaires bretons ou canadiens et d’aborder leur attitude vis-à-vis des cultures populaires en Afrique et ailleurs. Cet échange a également permis d’obtenir les noms de quelques collègues qui, par leurs sujets de recherche, pourraient être sollicités pour la suite du projet.
3. Réunion de travail sur le contenu du futur double colloque
Le mercredi 1er septembre Jean-Pierre Pichette et Fañch Postic se sont réunis de 9h à 10h30 pour un échange sur ce que pourrait être le contenu du double colloque destiné à se tenir à Pointe de l’Eglise et en Bretagne : les deux rencontres doivent pouvoir se dérouler dans un temps relativement court afin de conserver une réelle cohérence à l’ensemble et la date du mois d’octobre 2011 semble pouvoir convenir : Il s’agirait de développer un certain nombre de thèmes généraux qui seraient ensuite illustrés par des exemples.
Parmi les thèmes qui paraissent les plus pertinents :

  • L’attitude des religieux vis-à-vis de la culture populaire et son évolution (condamnation, bienveillance, soutien...). Quelle est la nature de l’intérêt qu’ils manifestent à son égard (culture populaire moyen d’apostolat).
  • L’influence des origines sociales (milieu rural, origine provinciale...) des religieux sur leur sensibilité à leur culture d’origine. L’influence de la formation des religieux dans les séminaires : était-elle de nature à les inciter à s’intéresser à la culture populaire ou au contraire à les en détourner (formation d’une élite, rupture avec le milieu d’origine ?) ?
  • « La langue gardienne de la religion. La religion gardienne de la langue »
  • Les réseaux dans lesquels les religieux sont insérés (sociétés savantes...)
  • Le rapport à une discipline : amateurs ou professionnels ? Influence du statut de religieux sur la matière recueillie ? Les méthodes d’enquête (choix des informateurs...), les techniques utilisées (enregistrements sonores, films...).
  • Les domaines dans lesquels les religieux se sont investis (littérature orale...). Ce que les religieux ont fait de leurs collectes (publications...). Quelle valeur peut-on accorder aujourd’hui à leurs travaux ? Quel a été leur apport à la discipline ?

Cela suppose l’intervention non seulement d’ethnologues, mais également de collègues historiens, linguistes,... qui pourraient apporter de précieuses informations sur le contexte dans lequel s’est effectuée la démarche des religieux, leur formation, leur rapport à la culture populaire, à la langue...
4. Visite du Centre franco-ontarien de folklore
Le mercredi 1er septembre, Marlène Belly, Marcel Bénéteau, Jean-Pierre Pichette et Fañch Postic ont été accueillis au Centre franco-ontarien de folklore à Sudbury, reçus et guidés par son directeur Roger Gervais. L’Institut de folklore créé en 1960 par le père Germain Lemieux, l’un des grands folkloristes franco-canadiens, décédé e 26 mars 2008 à l’âge de 94 ans, est devenu Centre franco-ontarien de folklore en 1972. Actuellement abrité dans les locaux de l’ancienne École du Sacré-Cœur, le Centre s’apprête à déménager à l’Université de Sudbury. Après les différentes salles d’exposition, Roger Gervais a fait visiter la salle des archives où sont précieusement conservées les collectes réalisées par le père Lemieux.
 CFO Sudbury